AVEC LA SNCF, MÊME LES CAMIONS PASSENT AU RÉGIME DÉCARBONÉ

Nous avons inauguré ce mardi 6 novembre la toute nouvelle autoroute ferroviaire Calais – Turin Orbassano. Gérée et élaborée par VIIA, filiale de la SNCF en charge des autoroutes ferroviaires, cette nouvelle ligne est un pas de plus dans l’extension du transport décarboné, y compris pour le fret. Il s’agit d’un service majeur de ferroutage, long de 1150 km, ouvert deux ans tout juste après notre ligne entre Calais et Le Boulou, à ce jour encore plus longue autoroute ferroviaire du continent.

 

Une infrastructure par nature multimodale et internationale.

Du point de vue de Réseau, le défi technique est grand.

 

Tout d’abord, nous adapter aux exigences du multimodal : une autoroute qui permet une continuité du transport de marchandises par ferry, route et chemin de fer sans investissement matériel du transporteur. Il faut donc concevoir les voies, les wagons et les échangeurs permettant de transporter, dans la même remorque non-accompagnée, des containers classiques mais aussi d’autres pour charrier des produits dangereux ou des formats moins standards.

 

Ensuite, nous coordonner avec nos partenaires européens. C’est ici chose faite en partenariat avec Mercitalia, qui prendra en charge les trains une fois passée la frontière franco-italienne.

Enfin, dernier enjeu et pas des moindres, il nous a fallu trouver des sillons. Disposer du matériel est une chose, mais garantir des horaires de passage réguliers et suffisamment nombreux à nos clients pour que ce service de fret soit pertinent et utilisé a été au cœur de notre projet. Le réseau exploité par VIIA assure aujourd’hui jusqu’à huit passages par jour sur ses lignes et notre nouvelle autoroute offrira à plein régime deux allers-retours quotidiens. Un défi donc, que nous sommes fiers de relever.

 

L’autoroute Calais – Turin Orbassano entérine une fructueuse collaboration entre la SNCF et le Port Calais Boulogne, entamée avec l’ouverture il y a deux ans de l’axe Calais –Le Boulou. Le terminal d’autoroute ferroviaire mis en service en 2016 est unique en Europe et prend tout son sens au milieu de ce qui est le premier port européen pour le « Roll-on, roll-off »[1] et le troisième port français de marchandises. On estime d’ores-et-déjà que ce seront plus de 31 000 camions par an qui seront transférés par le rail. En d’autres termes : VIIA pourra rajouter 37 200 unités aux quelques 75 000 tonnes de CO2 qu’elle a permis d’économiser en 2017.

Un petit pas de plus dans la lutte pour la décarbonation de nos transports : un grand pas pour le développement du ferroutage en France.


[1] Système ne nécessitant pas de grues pour le chargement mais permettant de « rouler » jusque dans les ferries puis hors des ferries. D’où un intérêt particulier en termes de continuité du transport avec le ferroutage.