EOLE va révolutionner la mobilité en Île-de-France

P. Jeantet

Nous baptisions ce mercredi 28 novembre à Courbevoie le tunnelier du projet EOLE qui permettra de relier Haussmann-Saint Lazare à Nanterre. Conformément à la tradition des travaux publics, il a été nommé comme sa marraine : Virginie, assistante du directeur du projet et actrice clé de la coordination entre tous les acteurs de ce dispositif gargantuesque.

Incarnation francilienne du réseau haute performance avec la grande vitesse directement sous Paris, le RER E de l’après-Eole sera une pièce maîtresse du transport quotidien en Île-de-France. Cette ligne sera la plus interconnectée de la région, avec des échangeurs pour les 4 lignes de RER, 10 des 14 lignes de métro, 7 lignes de trains, 5 lignes de trams, une centaine de lignes de bus et les futurs lignes 15 et 16 du Grand Paris Express. Le matériel roulant, de nouvelle génération, atteindra les 120 km/h sous la capitale, grâce au système d’exploitation ultramoderne NEXTEO. Au-delà de ses usages futurs, le chantier en lui-même le rend déjà hors du commun.

 

Le tunnel est creusé en zone hyper-dense sur 8 kilomètres de long, à une profondeur de 30 à 40 mètres. Dix puits de secours ou d’aération vont être percés. Ces contraintes exceptionnelles nécessitent des dispositifs adaptés. Le chantier se sépare en deux tronçons au départ de Courbevoie. C’est à la partie Est que se consacre Virginie, plus grand tunnelier de France, chargé de rallier la gare d’Haussmann-Saint Lazare d’ici à 2021.

 

L’engin de 1800 tonnes fonctionne « à pression de boue », système le plus adéquat aux caractéristiques hétérogènes des milieux traversés. Ce véritable « train-usine » creuse, évacue les déblais et met en soutènement via la pose de voussoirs, anneaux de bétons constituant le revêtement du tunnel. Afin d’éviter un trafic de près de 250 camions par jour sur la commune hôtesse du chantier, une conduite de marinage permettra le transport des boues directement à l’usine de retraitement située quai Paul Doumer, à Courbevoie. De quoi, au cœur du chantier, remplir deux barges par jour (environ 2000 m3 de déblais) !

Puisque le tunnelier sera en activité 24 heures sur 24 et 6 jours sur 7, des dispositions ont été prises pour ne pas nuire aux riverains. Notamment dans le domaine sonore : nous avons pensé toute une batterie de mesures, telles que des hangars sonores et écrans anti-bruit, ainsi que 2 300 points de contrôle le long du chantier.

 

Au-delà de ces considérations techniques, Eole, c’est aussi une formidable aventure humaine. Près de 30 000 emplois directs seront créés pour accomplir ses travaux, avec une ambition forte portée par SNCF Réseau : 7% des heures travaillées le seront dans le cadre d’une insertion professionnelle. Plus de 600 personnes, issues de 40 métiers, seront mobilisées au quotidien pour permettre et accompagner le travail du tunnelier.

V. Pécresse, P. Jeantet et E. Borne
V. Pécresse, P. Jeantet et E. Borne

Je les remercie, tout comme nos partenaires ayant rendu concret ce projet. Eole représente en effet un investissement de 3,8 milliards d’euros, soutenu par SNCF Réseau, l’État, Île-de-France Mobilités, le Conseil Départemental des Yvelines, le Conseil Départemental des Hauts-de-Seine, la ville de Paris, la Société du Grand Paris et la Région Île-de-France. Par ailleurs, il faut rajouter à cela 1,8 milliards pour le nouveau matériel roulant, investis par Île-de-France Mobilités.

Voir la vidéo du baptême du tunnelier Virginie