TRIBUNE LE PARISIEN

Dans une tribune au Parisien – Aujourd’hui en France, les trois présidents de la SNCF défendent l’ouverture à la concurrence du rail et la nécessaire transformation de l’entreprise.

Guillaume Pepy, Patrick Jeantet et Frédéric Saint-Geours, présidents de la SNCF, de SNCF Réseau et du conseil de surveillance de la SNCF.

« En tant que présidents du groupe public ferroviaire, il nous a semblé essentiel de rappeler quelques faits, avec pour seule boussole, l’intérêt des voyageurs. Car c’est le sens même de la mission de service public qui a été confiée à la SNCF.

Il y a plus de deux ans, la France a fait le choix, bien après la plupart de ses voisins européens, d’ouvrir le marché du transport ferroviaire de personnes à la concurrence. Cela implique concrètement deux choses. D’une part, qu’à partir de janvier 2021, les Français auront le choix, pour les trains longue distance, entre les TGV de la SNCF et ceux d’autres entreprises ferroviaires. D’autre part, qu’en décembre 2019, les régions, qui ont la responsabilité de l’organisation des transports sur leur territoire, pourront confier la gestion des trains régionaux sur telle ou telle ligne, soit à la SNCF soit à l’un de ses concurrents, dans le cadre d’une convention de service public.

Au regard des exemples étrangers, les Français seront en droit d’attendre trois bénéfices majeurs de ce nouveau paysage ferroviaire. D’abord, plus de trains disponibles, en particulier pour les transports du quotidien : l’ouverture à la concurrence a conduit à une augmentation du trafic de 20 % en Allemagne et même de 50 % en Suède.

Ensuite, un meilleur rapport qualité prix : au niveau national, suivant l’exemple de la grande vitesse italienne pour laquelle les prix des billets ont chuté de 30 %. Au niveau régional, à une baisse de la facture pour les régions, en moyenne de 20 %, au regard des exemples étrangers, permettant ainsi aux collectivités de réinvestir l’argent économisé, notamment dans de nouveaux trains.

Enfin, un meilleur service via une course à l’innovation entre opérateurs, que cela soit en matière de billettique, d’accueil en gares ou encore de prestations à bord des rames.

Trois quarts des Français souhaitent l’ouverture à la concurrence. Ils ont raison. Certes, on pourrait s’étonner que les dirigeants de la SNCF ne réclament pas le maintien du monopole. Seulement voilà, nous partageons une conviction : ce qui permet de développer le train, ce qui permet de renforcer la part du ferroviaire dans les transports, ce qui bénéficie aux voyageurs, ce qui profite à la collectivité, doit toujours être le choix de la SNCF.

Pour cette raison, nous sommes résolus à nous engager dans une profonde transformation pour être en 2020 armée face à la concurrence et être demain, plus que jamais, un champion national et international du ferroviaire. Et cela d’abord grâce à l’excellence de nos agents. Voilà pourquoi un pacte social d’entreprise va être discuté : il sera attractif tant pour les cheminots actuels – qui par ailleurs conserveront leur statut – que pour les futurs embauchés. Car il faut que demain les talents continuent à préférer travailler à la SNCF. Ensuite, par l’innovation et l’investissement : nouvelle génération de TGV, assistant personnel de mobilités et surtout un réseau modernisé et digitalisé, garantie première de la qualité du système ferroviaire. Enfin, par l’excellence opérationnelle et le renforcement de nos priorités que sont la sécurité, la ponctualité et l’information voyageurs.

Pour le reste, une chose est sûre : aujourd’hui comme demain, nous serons toujours au plus près de nos clients, tant dans le transport des voyageurs que pour le fret, qui est également l’une de nos missions essentielles.

Nous savons combien aujourd’hui, en particulier ce dimanche, la grève pénalise nos clients dans leur vie privée et professionnelle. C’est la raison pour laquelle la SNCF a mis en place de nouveaux dispositifs : information précise pour chaque ligne de train et de RER au plus tard la veille des jours de grève à 17 h ; contact personnalisé en amont pour les trains à réservation ; échange et annulation sans frais de tous les billets TGV et Intercités ; remboursement du billet dès 30 minutes de retard ; dédommagement pour les abonnés TGV si moins d’un train sur trois circule sur leur parcours habituel ; un mois supplémentaire offert pour les abonnés TGV Max ; mise à disposition gratuite par l’entreprise de solutions de covoiturage via sa société IDVROOM…

À tout cela, s’ajoute la présence en gare de milliers de cheminots « gilets rouges » pour informer, prendre en charge et conseiller. Des cheminots volontaires qui partagent une conviction : les voyageurs sont la raison d’être de la SNCF.

Depuis sa création il y a 80 ans, la SNCF porte une identité bien particulière, qui ne tient ni à son organisation interne, ni même au statut des cheminots. Elle tient à sa mission : permettre aux Françaises et aux Français d’exercer leur liberté d’aller et de venir, grâce à un système ferroviaire sûr et performant. Elle tient à ses valeurs : celles d’une entreprise publique de service public, d’un groupe de transports durables et utiles à la collectivité.

Et c’est parce que nous voulons rester fidèles à cette identité et à ces valeurs, et parce que nous croyons au service public, que nous allons ensemble demain, pour tous les voyageurs et pour tous les Français, réinventer notre entreprise. »